Retour à WizoCat

Ma démarche

D'où viennent les images de WizoCat, avec quoi je les dessine, et ce que l'intelligence artificielle y fait ou n'y fait pas. Une page pour ceux qui veulent savoir ce qu'il y a derrière un dessin avant de poser une tuile.

La boîte de WizoCat : trois chatons magiciens sur des tuiles de pierre flottantes, un dragon rouge couché sur ses œufs, un château dans les nuages.
La couverture, peinte à la main sur tablette. Sa composition et l'allure des trois apprentis viennent d'une image générée : le détail est plus bas, élément par élément.

Une fenêtre sur un monde plus vaste

Je cherche surtout à ce que les détails aient une raison d'exister. Un objet peut être simplement esthétique, mais beaucoup d'éléments sont liés au fonctionnement du monde, au lore ou aux mécaniques du jeu. Les cristaux sont au fond des gouffres ; les coquilles d'œufs de dragons-chiens ont une utilisation après l'éclosion ; les papillons permettent de récolter du pollen avant d'être relâchés.

La couverture suit la même règle. Rien n'y est posé pour décorer : le mûrier violet donne les fruits que l'on cueille sur les tuiles, les cristaux bleus brillent au fond du gouffre, le nid vide garde les coquilles qui servent après l'éclosion, le dragon veille sur ses œufs, le papillon rose attend qu'on le relâche. Un joueur qui a fait une partie reconnaît chaque élément ; un curieux qui n'a jamais joué y voit simplement un monde qui tient debout. Ensuite, j'ai placé la lumière pour raconter la scène : le soleil éclaire le rocher du dragon et l'Académie flotte dans un halo au loin, alors que la brume bleue des gouffres reste dans l'ombre, et le grimoire ouvert éclaire le visage de l'apprenti roux. Les regards font le reste : le chaton noir brandit son parchemin vers nous, le roux nous regarde par-dessus son grimoire, la blanche est encore dans sa lecture, et le dragon, lui, les surveille. Le regard du spectateur va de l'un à l'autre et refait, sans le savoir, le chemin d'une partie : lire, lancer, et croiser le dragon.

Le résultat est donc moins une illustration destinée à montrer tout ce que j'ai imaginé qu'une fenêtre sur un monde beaucoup plus vaste. Chaque tuile en ouvre une ; la partie les assemble.

D'où viennent les images

Je construis mes illustrations à partir de plusieurs sources : mes propres idées, mes observations, des photographies, des références visuelles et parfois des images générées par IA. L'inspiration vient de mon vécu et de mes recherches. Les grimoires sont nés de reliures anciennes regardées longtemps, les enluminures de photos d'arabesques médiévales, les papillons de vrais papillons. C'était déjà le cas lorsque je peignais (gorash.be).

Peinture acrylique : une libellule rouge aux ailes translucides posée sur un galet blanc, sur fond vert.
Libellule à l'acrylique, d'après une de mes photos, bien avant WizoCat. Le papillon de la boîte a suivi le même chemin.

Les images générées servent principalement à explorer rapidement une idée ou une ambiance. Je ne les considère pas comme l'illustration finale : je redessine, transforme, combine et adapte les éléments pour construire l'image qui correspond à mon univers.

Sur la tablette

Je travaille ensuite directement sur tablette graphique, avec Krita, Inkscape, et GIMP pour certaines opérations. Les illustrations sont faites de nombreux calques et dépassent souvent 4000 × 4000 pixels — au point que le fichier passe le gigaoctet et que je dois régulièrement fusionner des calques pour que mon ordinateur suive. Par exemple : les lanières des chapeaux des chats ont un calque pour le contour, puis des calques et des masques pour les teintes, les couleurs et la texture (avec des brosses texturées telles que Dry Brushing et Chalk Details).

Ce que l'IA fait, et ne fait pas

L'IA fait aujourd'hui partie de ma boîte à outils, et je préfère dire exactement où. Voici la liste, élément par élément.

Animation en treize étapes : le chaton noir de la couverture, d'abord la construction au trait, puis le chapeau, la cape, les yeux, le parchemin et la fourrure, peints à la main dans Krita, le chaton tel qu'il est sur la couverture, et pour fermer la boucle la silhouette masquée sur le décor et le crayonné.
Différentes étapes et calques du chaton noir de la couverture repeint de la silhouette au poil.

Je sais que l'utilisation d'images générées soulève des questions légitimes, notamment sur les données d'entraînement des modèles et la place des artistes. Je ne prétends pas que le fait de repeindre une image efface ces questions. J'ai choisi d'être transparent sur ma méthode, sur ce qui vient de moi et sur ce qui a été facilité par ces outils. Chacun peut ensuite se faire sa propre opinion.

Je travaille en open source depuis des années. Si quelqu'un s'inspire d'une de mes fresques, de mon monde ou du code que j'ai partagé, cela ne me dérange pas, j'en serais même flatté, comme le sont mes collègues. Un univers qui en fait naître d'autres, c'est ce qui est arrivé au fantastique après Tolkien. La copie pure pour la revendre, c'est autre chose, et je comprends que les artistes y soient sensibles.

Avant WizoCat

Maquette d'un petit port : eau bleue, quai, bateaux, pont de bois, arbres sur la colline, et trois maisons posées derrière. Maquette d'un terrain d'entraînement : bâtiments gris, routes, parking, friche jaune, et un ballon-nacelle suspendu au-dessus par un câble. Écran d'accueil de Darjacks : dans un paysage désertique dessiné à la main, un robot-araignée fait face à un personnage assis devant un terminal où s'affiche un formulaire de connexion.
Trois pièces d'avant les tuiles : un port (1997), en 2001 le terrain d'entraînement des para-commandos, avec le ballon-nacelle relié au camion d'où l'on sautait, et en 2015 l'écran d'accueil de Darjacks, le titre déjà taillé dans la pierre.

WizoCat n'est pas mon premier monde, et je suis content de voir que tout ce que j'ai fait avant y sert. La peinture et les fresques murales, la chimie et les pigments, l'informatique et Darjacks, ce jeu en pur JavaScript de 2015 dont le titre était déjà taillé dans la pierre, les livres que j'ai écrits il y a vingt-cinq ans et les livres audio, le bricolage et le modélisme, et une passion de toujours pour les jeux de société. Rien n'est perdu : certaines vieilles idées finissent par retrouver une nouvelle vie. WizoCat, c'est la première fois que tout cela se retrouve dans la même boîte.

Le reste de l'histoire, étape par étape, est dans l'Atelier. Le monde, lui, se visite en jouant.

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